Manger moins de viande

Selon Wikipédia, mon régime alimentaire se nomme flexi-pesco-pollotarisme. Je suis une végétarienne qui mange du poisson et du poulet, en plus de manger rarement d’autres types de viandes pour des occasions spéciales. Avant de faire mes recherches pour cet article, je savais que la viande avait un grand impact sur l’environnement… mais je ne savais qu’il était si grand.

Un peu d’information

Un Américain mange en moyenne 900 kilogrammes (kg) de nourriture par année. Son alimentation est répartie de cette façon :

Manger moins de viande - Consommation nouriture américain

Les types d’aliments les plus consommés sont les Produits laitiers (sauf fromage) (272.4 kg/an), les Légumes (188.4 kg/an) et les Fruits (123.9 kg/an). L’Américain moyen consomme 7.3 kg/an de Poissons et fruits de mer, 27.4 kg/an de Volailles et 49.9 kg/an de Viandes rouges.

Chaque kilo de bœuf produit nécessite 15 000 litres d’eau et 7 kilos de céréales. Ce kilo de bœuf entraîne la production de 11 tonnes de gaz à effet de serre (GES). En fait, la production de viande, sur toute sa chaîne d’approvisionnement, est responsable de 18% des émissions de GES mondiales, devant le transport (13%).

La production de viande entraîne la perte d’habitat naturel. En effet, 30% des surfaces terrestres émergées sont utilisées comme pâturage permanent. De plus, le tiers (33%) des terres cultivables sont utilisées pour produire des fourrages pour les animaux. C’est 70% des terres agricoles mondiales qui sont dédiées à l’élevage du bétail.

Si autant de terre son nécessaire pour produire de la viande, c’est en partie parce qu’un hectare (ha) (10 000m2) ne produit pas plus de 33 kg de viandes rouges annuellement. Ce même hectare produit 12 à 15 fois plus (400 à 500 kg) de viande blanche, de lait ou d’œuf. Avec le même hectare, on peut produire 18 tonnes de légumes, 15 tonnes de pommes de terre ou 12 tonnes de fruits, soit de 350 à 550 fois plus de fruits et de légumes que de viandes rouges.

Pourquoi est-ce bon pour l’environnement?

Refuser de se nourrir de viande (végétarisme) ou tout produit animal (végétalisme) a un impact positif sur l’environnement. Les ressources dédiées à la production de la viande peuvent être utilisées pour nourrir des populations humaines. Une diminution de la demande mondiale éviterait une partie de la déforestation. En effet, dans certains pays en voie de développement, les habitants coupent les arbres sur leur terrain dans le but de les transformer en pâturage dans l’espoir de se sortir de la pauvreté.

Réduire sa consommation de viande, que ce soit en taille de portion ou en mangeant un repas sans viande a aussi un impact positif, puisque l’empreinte écologique d’un seul kilo de viande rouge est énorme.

J’étais curieuse de savoir combien d’hectares il fallait pour nourrir une personne pendant un an, mais je n’ai pas trouvé de réponse claire sur internet. J’ai donc décidé de le calculer avec les informations que j’avais. J’ai aussi décidé de comparer différents régimes alimentaires. Pour tous les types de régimes alimentaires, je me suis assurée d’avoir un total de 900kg de nourriture par personne par an.

Noter ici que mon modèle est rempli de supposition et d’approximation. Pour avoir quelque chose de vraiment fiable, je pense qu’il faudrait faire un doctorat sur le sujet. Ceci étant dit, je pense que mes conclusions générales sont valables. Vous trouverez en bas de l’article ma feuille de calcul et les explications pour mes suppositions et mes approximations, si vous êtes curieux.

Manger moins de viande - Comparaison régime alimentaire

Je m’attendais à ce que moins que l’on mange de viande, moins l’on ait besoin d’une grande superficie pour se nourrir. Par contre, je ne m’attendais pas à une si grande différence! Seulement en coupant la viande rouge, on réduit presque du deux tiers (62.5%) la superficie nécessaire pour se nourrir. Si l’on coupe tout produit animal, on réduit de près de 95%!  Bon, j’avoue que mon modèle n’est probablement pas exact, mais ces différences sont majeures.

On peut voir que l’élément qui a le plus d’impact sur la superficie nécessaire pour se nourrir est la viande rouge. Même si en poids consommé la viande rouge ne représente que 6% de l’alimentation d’un Américain, elle compte pour 63% de la superficie nécessaire.

Le deuxième élément qui a le plus d’impact est les Produits laitiers (sauf fromage). Cependant, dans ce cas, c’est la quantité de produits consommés qui a un impact. En effet, l’alimentation des Américains est composée à 30% de cet aliment, pour 29% de la superficie nécessaire.

Les autres aliments ont un impact environnemental plus faible. En remplaçant  un kilo de viande par un kilo de protéines végétales, l’impact environnementale des quelques centaines de fois plus petite, d’où la grande différence entre les régimes alimentaires.

Comment faire?

Si vous pensez qu’un repas n’est pas un vrai repas s’il ne contient pas de viande, je vous conseille de commencer par les Lundis sans viande. C’est un mouvement international qui promeut un concept très simple un jour par semaine – le lundi –  vous mangez végétarien. Cela permet d’apprivoiser tranquillement des aliments ou des recettes végétariennes.

Vous pouvez aussi éliminer la viande rouge de votre alimentation, et la remplacer par de la volaille, du poisson ou des repas végétariens. Vous pourrez alors impressionner vos amis en leur disant que vous êtes pesco-pollotarien. Simplement couper la viande rouge a un impact majeur sur la superficie nécessaire pour vous nourrir.

Vous pouvez augmenter tranquillement le nombre de repas végétariens avec le temps. Personnellement, lorsque je fais ma liste d’épicerie, je prévois, généralement un repas de volaille et un repas de poisson ou de fruits de mer. Le reste des repas sont végétariens. Je fais parfois quelques exceptions, comme de l’agneau pour mon anniversaire, du jambon à Pâques et quelques burgers de bœuf  et saucisses sur le barbecue l’été.

Si vous désirez couper la viande au complet, vous pouvez devenir complètement végétarien. De plus en plus de substituts de viande sont disponibles dans les épiceries. Cela vous brise le cœur de faire une croix sur la viande pour le reste de vos jours? Soyez flexitarien, c’est-à-dire végétarien qui fait des petites exceptions de temps en temps.

Si, pour des raisons environnementales, de bien-être animal ou autre, vous ne voulez plus manger de produits et sous-produits animaux, devenez végétalien. Si vous désirez appliquer ces règles à tout votre mode de vie, vous serez alors végane.

Assurez-vous de toujours manger équilibrer et de consommer toutes les vitamines et minéraux nécessaires pour le bon fonctionnement de votre corps. Consultez un spécialiste en alimentation au besoin. Je ne vous dis pas qu’un régime alimentaire est meilleur qu’un autre, je vous informe seulement se son impact environnemental.  Et comme vous le voyez, je mange moi-même de tout.

Ce qu’il faut retenir, c’est que moins vous mangez de viande – surtout la viande rouge -, moins votre empreinte environnementale est grande. Je n’ai parlé ici que de la superficie nécessaire, mais l’effet est le même, entre autres, sur l’utilisation de l’eau et les émissions de GES.

Petits conseils pour débutant

Je viens d’une famille où l’on mangeait de la viande rouge, volaille, poisson ou fruits de mer pratiquement à chaque repas. Couper la viande rouge et manger de plus en plus végétarien ne s’est pas fait du jour au lendemain.

Je dois avouer qu’il y a quelques années, ni les légumineuses ni le tofu ne me tentaient. À chaque fois qu’on me parlait de manger des légumineuses, j’imaginais un gros plat au contenu brun semi-liquide et mottoneux. J’avais goûté à du tofu et je n’avais pas été impressionnée par le goût.

J’ai commencé à manger plus de légumineuses en passant pas la seule que j’aimais à l’époque, les pois chiches, sous forme de houmous. Ensuite, j’ai appris à les découvrir dans les chilis, les burgers et les boulettes/croquettes. J’ai ensuite essayé de nouvelles sortes de légumineuses. Maintenant, j’en mange couramment. Même chose avec le tofu, que j’ai appris à apprêter comme j’aime.

Notre alimentation a un gros impact sur notre empreinte écologique. Je ne veux pas vous culpabiliser d’aimer la viande. Moi-même, j’adore. Je dois dire qu’en en mangeant moins, je l’apprécie encore plus. Alors que vous décidiez de participer au Lundis sans viande, d’être végétarien, végétalien ou flexi-pesco-pollotarien comme moi, une chose est sure, cette nouvelle habitude alimentaire vous aidera à réduire votre empreinte écologique.


Bibliographie

Équiterre. (s.d.). Flexitarisme: miam! Récupéré sur Équiterre: https://equiterre.org/geste/flexitarisme-miam

Lundi sans viande. (s.d.). Pour l’environnement. Récupéré sur Lundi sans viande: http://www.lundisansviande.net/pourquoi-sans-viande/pour-lenvironnement/#identifier_5_9

Organisation des Nations Unies pour l’alimentation. (2006, Novembre 29). L’élevage aussi est une menace pour l’environnement. Récupéré sur FAO Salle de Presse: http://www.fao.org/Newsroom/fr/news/2006/1000448/index.html

The Editors of Encyclopaedia Britannica. (2009, Juin 5). Trophic pyramid. Récupéré sur Encyclopaedia Britannica: https://www.britannica.com/science/trophic-pyramid

Thompson, D. (2011, Septembre 11). Chart: This is What You Eat in a Year (Including 42 Pounds of Corn Syrup). The Atlantic, En ligne. Récupéré sur https://www.theatlantic.com/health/archive/2011/09/chart-this-is-what-you-eat-in-a-year-including-42-pounds-of-corn-syrup/244870/

Feuilles de calcul

Manger moins de viande – Données et Graphiques

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