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Les changements climatiques – Réponses aux climatosceptiques

Cet article est la suite de mon précédent article: Les changements climatiques – Causes et conséquences. Dans l’article précédent, j’expliquais que l’effet de serre est un phénomène chimique, naturel et nécessaire à la vie sur terre et que l’augmentation des gaz à effet de serre (GES) entraîne une augmentation des températures.

Dans cet article, je réponds aux climatosceptiques, ces gens qui doutent de l’existence des changements climatiques ou de l’implication de l’humain dans ceux-ci. Pour préparer cet article, je suis allée jeter un oeil sur leur site internet pour avoir une idée de leurs arguments. J’ai tenté de regrouper leurs affirmations sous de grands thèmes.

Les changements climatiques, ça n’existe pas.

Monsieur Untel dit que ça n’existe pas

Des professeurs d’université et des gens ayant des diplômes d’études supérieures sont souvent cités comme personne crédible pour appuyer l’affirmation que les changements climatiques n’existent tout simplement pas.

Personnellement, je me fie au Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), qui regroupe des milliers de scientifiques du monde entier qui contribuent aux travaux du GIEC sur une base volontaire. Aucun d’eux n’est rémunéré par le GIEC. L’objectif du groupe est de fournir aux décideurs des informations scientifiques rigoureuses et objectives. Leurs rapports sont rédigés et examinés en plusieurs étapes afin de garantir l’objectivité et la transparence des rapports. Les rapports reflètent tout l’éventail des points de vue exprimés par la communauté scientifique.

Le rapport «Changements climatiques 2013 – Les éléments scientifiques» présente des conclusions claires et solides, issues d’une évaluation mondiale des éléments scientifiques du changement climatique, dont l’une, et non des moindres, est que la science montre à présent avec 95 % de certitude que depuis le milieu du XXe siècle, l’activité humaine est la cause principale du réchauffement observé. Ce rapport confirme que le réchauffement du système climatique est sans équivoque et que nombre des changements observés sont sans précédent depuis des décennies, voire des millénaires: réchauffement de l’atmosphère et des océans, diminution de la couverture neigeuse et recul des glaces, élévation du niveau des mers et augmentation des concentrations de gaz à effet de serre. Chacune des trois dernières décennies a été plus chaude à la surface de la Terre que la précédente, et plus chaude que toutes les décennies antérieures depuis 1850. (Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat, 2013)

Les scientifiques affirment en très grande majorité que les changements climatiques sont causés par l’humain. Il est donc sous-entendu que la totalité d’entre eux affirme qu’il y a réchauffement depuis 1850, comme le présente les graphiques suivants

Figure 1 – Anomalies de températures

Anomalies de températures

Tiré de : (Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat, 2013)

Les moyennes des températures terrestres augmentent, mais…

L’humain n’est pas responsable des changements climatiques…

Maintenant que l’on a convenu que des changements climatiques existent, qu’est-ce qui les cause? Il y a quatre grands facteurs qui déterminent les températures moyennes planétaires :

  • l’énergie radiative émise par le Soleil;
  • la quantité d’énergie reçue par la Terre et la répartition sur celle-ci;
  • la quantité d’énergie réfléchie par l’atmosphère; et
  • la quantité d’énergie conservée.

Avant d’attaquer ces quatre points, je pense qu’il est important d’aborder de façon générale le principal argument des climatosceptiques…

…la Terre subit naturellement des changements climatiques

Vrai. Depuis la formation de la Terre, il y a environ 5 milliards d’années, la Terre a subi de grandes variations climatiques. Ces changements climatiques ont été causés par les quatre grands facteurs qui influencent la température moyenne, nommés plus haut.

Il est possible de remonter dans le temps et d’estimer, par différentes méthodes, la température moyenne terrestre. Comme le montre la Figure 2 (en anglais seulement), la Terre a connu au cours de son histoire de grandes variations de température. La température moyenne a déjà été 14°C plus chaude sur Terre et 5°C plus basse, par rapport à la moyenne de température de 1960 à 1990.

Figure 2 – Températures moyennes terrestres des derniers 540 millions d’années

All palaeotemps.svg
By Glen FergusOwn work; data sources are cited below, CC BY-SA 3.0, Link

La dernière fois qu’il a fait plus de 14°C en moyenne par rapport à 1960-1990, c’est il y a 50 millions d’années, durant l’Éocène. Cette ère a permis l’expansion et la diversification des mammifères modernes. En même temps, sur Terre, les Alpes commençaient à se former et l’Atlantique à s’ouvrir.

En regardant le graphique, on pourrait faussement conclure que la température varie en dent de scie depuis des millions d’années, et que des changements soudains de quelques degrés sont normaux. Ce n’est pas du tout le cas. Il faut porter attention à l’échelle du graphique. Lors de la dernière fonte des glaces, entre -20 000  et -15 000, la température moyenne a augmenté de 5 °C en 5000 ans, environ 0.1°C par cent ans. On est loin de la prétention des climatosceptiques qu’une augmentation de 1 à 2°C par centaine d’années est normale.

On peut aussi observer que les variations climatiques sont relativement régulières depuis 1 million d’années, c’est-à-dire, une hausse « rapide » des températures jusqu’à la température moyenne plus ou moins 2 °C suivis d’une descente des températures moins brusque jusqu’à environ -5°C par rapport à la température moyenne 1960-1990. La Durée de ce cycle est d’environ 110 000 ans. On pourrait supposer que puisque nous sommes au sommet de la température de notre cycle, la température devrait se remettre à redescendre tranquillement… au cours des 80 000 prochaines années.

Enfin, si l’on prend une échelle plus proche de nous, les températures moyennes des 150 dernières années, on peut voir une augmentation claire des moyennes des températures. Cette hausse des températures est au moins dix fois plus rapide que l’augmentation brusque des températures lors de la dernière fonte des glaces.

Si les changements climatiques que nous vivons sont un phénomène naturel, il y a certainement eu un changement dans l’un des quatre principaux facteurs déterminants pour la température.

…c’est le Soleil!

Et si le Soleil nous envoyait plus d’énergie depuis quelques siècles?

Le Soleil est observé depuis de nombreux siècles. On sait que depuis la fin du XVIIe siècle, les taches solaires sont de plus en plus nombreuses sur le Soleil. Ces taches sont synonymes d’un plus grand dégagement d’énergie du Soleil. En fait, les scientifiques pensent que l’augmentation des taches solaires aurait contribué à 0,3°C dans l’augmentation des températures moyennes au cours du dernier siècle. C’est tout de même, au maximum, la moitié du 0,6°C d’augmentation depuis cent ans.

Le cycle des taches solaires n’est pas encore bien connu. La seule chose que l’on sait, c’est qu’il peut jouer un rôle dans les changements climatiques. Si le nombre de taches continue d’augmenter, le soleil va continuer de contribuer à l’augmentation des températures terrestres, par contre, si les taches solaires commencent à diminuer, l’augmentation des températures prévues pourrait être moins grande.

… la Terre est plus proche du Soleil

Le second facteur qui influence le climat terrestre, c’est la distance entre la terre et le Soleil. La Terre tourne autour du Soleil en variant entre un cercle parfait à une légère ellipse. Cette variation se fait sur un cycle de 110 000 ans. Même si l’ellipse cause une variation aussi minime que d’un pour cent de l’énergie reçue par la Terre, elle semble être le principal facteur de variation climatique au cours des précédents 500 000 ans. Lorsque l’orbite de la Terre autour du Soleil est circulaire, il fait plus chaud et lorsque l’orbite est elliptique, il fait plus froid.

La Terre absorbe, en moyenne, 240 watts d’énergie solaire par mètre carré. Puisque la Terre est sphérique, l’énergie n’est pas absorbée également sur toute sa surface. Près de l’équateur, le rayonnement arrive à angle droit, alors que plus près des pôles, le rayonnement est reçu en angle. Tout comme notre ombre au coucher du soleil, le 240 watts par mètre carré est réparti sur une plus grande surface comparativement à ce qu’on aurait au zénith. C’est pourquoi et fait plus chaud près de l’équateur qu’aux pôles.

Deux autres cycles, la variation de l’inclinaison de l’axe de rotation de la Terre (cycle de 41 000 ans) et la précession de l’axe de rotation terrestre (cycle de 22 000 ans) – est-ce que le solstice d’été se produit près ou loin du Soleil – influence la répartition de la chaleur sur Terre. Par exemple, un été chaud et un hiver froid, comme il y a 11 000 ans, favorisent la fonte des glaciers en été et peu de précipitation pour réalimenter les glaciers en hiver. Actuellement, nous sommes dans une position pour avoir des étés froids, qui limitent la fonte des glaciers, et des hivers chauds, qui apportent beaucoup de précipitations. Cela favoriserait normalement la formation de glacier. Cependant, puisque l’excentricité de l’orbite de la Terre autour du Soleil est presque circulaire, l’effet est non significatif.

Certains pourraient croire que l’augmentation globale des températures est causée par une rotation de plus en plus circulaire de la Terre autour du Soleil. Malheureusement, puisque ce cycle est de 110 000 ans, il n’explique pas la hausse soudaine des températures des deniers siècles.

… la vapeur d’eau est le principal GES.

Vrai. Dans mon article précédent, je vous présentais un tableau où l’on pouvait voir la contribution de chacun des différents GES à l’effet de serre. La vapeur d’eau est bel et bien le principal GES. Cependant, on peut difficilement comparer le cycle de l’eau et le cycle du carbone.

Le cycle de l’eau s’autorégule. Si la température augmente, il y a une augmentation de l’évaporation, qui crée plus de nuages, qui créent plus de précipitations. Si la température baisse, l’eau gèle. Peu importe la situation, l’eau reste toujours disponible et change facilement d’état physique. De plus, les nuages reflètent une bonne partie de l’énergie solaire dans l’espace.

Ce n’est pas le cas pour le cycle du carbone. En gros, le cycle du carbone consiste à l’absorption de CO2 par certains organismes lors de la photosynthèse, l’organisme transforme le CO2 en d’autres molécules organiques qui peuvent être consommées par d’autres, en fin de vie, l’organisme meurt et est décomposé, pour être retourné en gaz.

À une certaine époque, des forêts ont envahi la surface de la Terre, mais il n’y avait pas d’organisme qui pouvait décomposer les arbres qui avaient poussé. Ces forêts sont poussées les unes par-dessus les précédentes, créant d’immenses couches de matières organiques. Le charbon provient de ces forêts anciennes. Tout ce carbone avait été enlevé au cycle du carbone. En brûlant des hydrocarbures, on rend à nouveau disponible ce carbone qui avait été retiré.

Une autre façon de retirer du carbone du cycle est par la formation de roches carbonatées, comme les calcaires. C’est un processus long qui demande des conditions climatiques particulières. Ce processus est loin de compenser les actuelles émissions de CO2.

… ce sont les volcans!

Enfin, on se retrouve avec le dernier facteur, la quantité l’énergie conservée, ou l’effet de serre. Les éruptions volcaniques dégagent d’impressionnantes quantités de GES dans l’atmosphère, soit 500 millions de tonnes de CO2 par année dans l’atmosphère. C’est pourtant moins de 2% du 30 milliards de tonnes de CO2 émis par les humains annuellement.

Malgré toutes les éruptions volcaniques des 800 000 mille dernières années, la concentration de CO2 dans l’atmosphère s’est maintenue à environ 300 ppm durant cette période. Ce sont les autres facteurs qui ont causé les variations climatiques.

Depuis 250 ans, la concentration de CO2 dans l’atmosphère a augmenté de 40%. Si ce n’est pas les volcans, quelque chose d’autre doit dégager du CO2 dans l’atmosphère.  Tout pointe vers la combustion d’hydrocarbures par l’humain.

Les moyennes des températures terrestres augmentent et que l’augmentation de CO2 dans l’atmosphère, principalement causé par la combustion d’hydrocarbures, est le principal facteur de réchauffement (sauf peut-être un peu le Soleil), mais…

Les scientifiques…

… ne sont pas capables de prédire la météo dans trois jours, ils ne peuvent pas prédire le climat dans cent ans.

D’abord, la météorologie et la climatologie sont deux sciences bien différentes. La météorologie tente de prédire la météo – c’est-à-dire la température, la quantité de nuages, la quantité de précipitation, la vitesse des vents, etc. – quelques jours d’avance.

La climatologie étudie l’état physique de l’atmosphère et ses variations dans le temps et l’espace. Dans le cas des changements climatiques, les climatologues essaient de prévoir la tendance des températures moyennes terrestres et les impacts dans plusieurs décennies ou siècles.

On peut faire un parallèle avec le jeu pile ou face. On peut tenter de prédire le résultat d’un seul jeu : est-ce que ce sera pile, ou est-ce que ce sera face? Par contre, en jouant plusieurs fois, on voit une tendance se dessiner : environ 50% de chance d’avoir pile et 50% de chance d’avoir face. Sans pouvoir prédire le résultat suivant, on peut prédire une tendance. La météorologie tente de prédire le résultat suivant alors que la climatologie cherche la tendance générale.

…font partis du complot.

Ça ne sert à rien de construire un argumentaire solide lorsque la personne que t’essaies de convaincre se ferme les yeux, se bouche les oreilles et fait des « La-la-la » très fort. Je n’ai donc pas d’arguments pour convaincre les gens qui croient que les changements climatiques sont un complot (ou la volonté de Dieu). Je n’aime pas perdre mon temps.

Conclusion

Les changements climatiques existent, ils sont principalement causés par l’augmentation de CO2 dans l’atmosphère et nous sommes les seuls responsables. Pourtant, ce n’est pas comme si on ne nous avait pas prévenus. En 1896, Svante Arrhenius, a calculé que si l’on doublait la quantité de CO2 dans l’atmosphère (de 300 ppm à 600 ppm), la glace aux pôles fondrait complètement. En 1932, les précédents calculs sont confirmés pas E.O. Hulbert. Cent vingt ans plus tard, nous avons atteint 400 ppm de CO2 dans l’atmosphère, les températures augmentent et les hydrocarbures sont encore la principale source d’énergie mondiale… Combien de temps encore nous faudra-t-il pour agir? Les solutions aux problèmes existent, il faut simplement passer à l’action!

 


Bibliographie

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Braga, B., & Druyan, A. (Réalisateurs). (2014). A Spacetime Odyssey, Saison 1, Épisode 12 – The Wold Set Free [Film].

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